Le pèlerinage de Khao Khitchakut

Dans la tradition bouddhiste, un pèlerinage est « un voyage dans le but de rendre hommage » ou un « voyage accompli pour gagner des mérites ».1

Parmi les nombreux pèlerinages en Thaïlande, le plus impressionnant est celui de l’empreinte sacrée du Bouddha placée sur la montagne Khao Khitchakut (เขาคิชฌกูฏ), dans la province de Chanthaburi. Petite visite guidée.

Deux mois et deux mois seulement

Au-delà de sa sacralité, même si vous n’êtes pas bouddhiste, les lieux méritent le déplacement pour le cadre incroyable, la montée puis la descente en 4×4, une aventure en soi, et la dévotion des fidèles à observer.

La première à chose à savoir sur le pèlerinage de Khao Khitchakut est qu’il se déroule pendant deux mois dans l’année et uniquement pendant ces deux mois. Les dates pour l’année 2022 sont du 2 février au 1er avril. Cet article sera actualisé en temps voulu pour l’année 2023.

Si ces dates sont précises et contraignantes, la voie d’accès à l’empreinte sacrée est quant à elle relativement libre car vous pouvez y accéder 24 heures sur 24 !

Néanmoins, cette empreinte ne se trouve pas dans l’enceinte d’un monastère mais au sommet d’une montagne, entre la forêt et d’immenses rochers, à huit kilomètres de piste du temple de départ, le Wat Phluang (วัดพลวง).

Pendant ces deux mois, à trente kilomètres de là, depuis la gare routière et le centre-ville de Chanthaburi, des mini-bus ou des Songteaw, c’est-à-dire des pick-up, font constamment l’aller-retour jusqu’au point de départ.

Si vous êtes motorisés, vous trouverez aisément plusieurs parkings à proximité du Wat Phluang.

Une organisation bien rodée

En théorie, il est possible de gravir la montagne à pied mais cela me semble interminable et dangereux, entre les 4×4 qui vont à toute allure, le degré de la pente et l’épaisse forêt.

Le meilleur moyen pour s’y rendre est de faire comme tout le monde, c’est-à-dire de monter à bord d’un Songteaw.

Si trois ou quatre monastères organisent leur propre service de transport, je vous conseille celui du Wat Phluang, le plus proche de la montagne et le plus fréquenté, pour tout dire celui que j’ai utilisé. Ce point de départ se situe au point GPS exact indiqué ci-dessous.

Coordonnées GPS du Wat Phluang: N 12°48’17 E 102°8’44

Sur place, il faut acheter un ticket aller-retour numéroté, à 100 bahts l’unité, puis attendre son tour (Tarif 2017).

En tant qu’étranger, vous devrez aussi vous acquitter du prix d’entrée dans le Parc national.

Wat Phluang Chanthaburi

Point de départ à 5.30 du matin

Point de départ à 6.30 du matin (toujours autant de monde)

Pour vous conter brièvement mon périple en 2017, je m’y suis rendu le jour du Makha Bucha, l’une des journées les plus importantes de l’année pour les bouddhistes.

Ayant prévu d’arriver au lever du soleil en haut de la montagne, je me suis naïvement levé à 4 heures du matin. Arrivé au Wat Phluang vers 5h30, j’ai vite compris que l’attente serait longue.

Et pour cause, mon numéro m’a obligé à patienter environ 1000 passages de pick-up. Malgré les allers-retours incessants des dizaines de véhicules, l’attente a duré près de 6 heures !

Ajouté à la montée et le dernier kilomètre à parcourir à pied, je suis arrivé à l’empreinte sacrée sur les coups de midi, au moment où le soleil entamait déjà sa descente. C’était donc raté pour contempler le lever du soleil !

Une ascension ébouriffante

Une fois votre numéro appelé par le speaker ou affiché sur l’écran, il faut s’installer sur un pick-up muni de deux banquettes parallèles. De-là commence l’ascension de la montagne, sur huit kilomètres.

Cette montée est incroyable. S’il n’y avait qu’un seul véhicule, cela serait déjà renversant, mais parce que la piste en terre zigzague dans la montagne et soit si fréquentée, l’ascension devient une expérience en soi.

Dans cette pente atteignant les 30% sur certaines portions, les 4×4 changent de côtés entre deux virages, s’arrêtent ou accélèrent. Accrochez-vous bien !

Par chance, si vous avez apprécié la montée, la descente est encore plus rapide.

Khao Khitchakut

Observez comment les véhicules changent de côtés à chaque virage

Arrivée des véhicules en pleine forêt. Le pèlerinage commence véritablement ici

Un kilomètre à pied jusqu’à l’empreinte

Une fois le pied à terre, le pèlerinage commence véritablement. Pour se rendre à l’endroit le plus sacré de la montagne, c’est-à-dire à l’empreinte du Bouddha, il faut parcourir environ un kilomètre dans la nature via un chemin aménagé ponctué de sanctuaires.

Pèlerinage bouddhiste

Ascension vers l’empreinte sacrée

Khao Khitchakut

Vous approchez de l’empreinte à partir du moment où vous apercevez d’immenses rochers que la nature a déposée ici, au sommet de la montagne. Par sa configuration unique, il n’est pas étonnant que ce lieu soit devenu sacré au fil des décennies.

Si vous êtes bouddhiste, vous pouvez vous approcher de l’empreinte sacrée pour prier. Sinon, il est préférable de se tenir à distance car il y a constamment du monde et votre présence pourrait paraître incongrue.

Khao Khitchakut

L’empreinte du Bouddha est située au pied de ce rocher emblématique

Rocher sacré

Parc national de Khao Khitchakut

Sur place, vous pouvez poursuivre votre exploration de la montagne et ses multiples sanctuaires répartis sur plusieurs centaines de mètres.

Dans ce chemin qui vous mène au cœur de la forêt, l’ambiance est plus détendue, les pèlerins s’étant déjà recueillis près de l’empreinte sacrée.

Le mot de la fin

Ce pèlerinage est une attraction à découvrir au moins une fois. De mon point de vue, c’est l’activité la plus étonnante et intense à réaliser en Thaïlande, qui plus est dans un cadre incroyable quasi exclusivement fréquenté par des Thaïlandais et des Khmers.

Au total, un jour spécial il est vrai, mon pèlerinage à Khao Kitchakut aura duré près de onze heures, depuis le départ de l’hôtel jusqu’au retour à Chanthaburi.

Si vous visitez les lieux en semaine ou en dehors d’une fête bouddhiste, il devrait y avoir beaucoup moins de monde.

Le chemin du retour

  1. Pour en savoir davantage sur cette notion de pèlerinage, consultez cet article de François Lagirarde : François Lagirarde, « Pèlerinages et pèlerins en milieu bouddhique theravâdin : l’exemple thaï », 1997,  Communio, no spécial Du pèlerinage aux pèlerins, p. 87-101.
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Marché flottant Wat Saphanวัดชากใหญ่